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Fiches produits gratuites Google : pourquoi elles disparaissent en Europe

Publié le 24 septembre 2026
par 13 min de lecture

Sommaire

Le 17 septembre, beaucoup d’e-commerçants ont ouvert leurs rapports et cru à un bug. Mais malheureusement, ce n’en était pas un. En deux jours, les fiches produits gratuites Google ont presque toutes disparu des résultats de recherche en France, et en Europe. Google s’est mis en conformité avec le Digital Markets Act (DMA), qui lui interdit de favoriser ses propres services et par corollaire les fiches produits organiques provenant de la GMC (Google Merchant Center). Les annonces Shopping payantes, elles, tournent toujours, elles ne sont pas impactées par cette décision.

L’essentiel en 5 points

  • Date : 17 et 18 septembre 2026, sans annonce préalable.
  • Zone : Espace économique européen (UE, Norvège, Islande, Liechtenstein). Le Royaume-Uni n’est pas concerné.
  • Ampleur : les carrousels « produits populaires » chutent de 90 à 100 % dans les pays mesurés (Productrise et Semrush, 2026). Ils étaient la vitrine des fiches produits gratuites Google.
  • Cause : mise en conformité avec le DMA, après une amende de 460 millions d’euros (Commission européenne, juillet 2026).
  • Ce qui reste : annonces Shopping, Merchant Center et résultats web classiques.

Que sont les fiches produits gratuites Google ?

Le principe était simple. Vous envoyiez votre catalogue à Google Merchant Center sous forme de flux : titre, prix, image, stock, frais de livraison. Google affichait ensuite vos produits sans enchère ni coût au clic. Selon Merchant Center, les fiches produits gratuites Google sont activées par défaut sur tout nouveau compte. Beaucoup de marchands en profitaient donc sans même le savoir. Le programme est arrivé en Europe en octobre 2020. Une précision évite bien des malentendus : les pages produits de votre site ne sont pas concernées. Elles restent indexées comme avant.

Le format le plus visible était le carrousel « produits populaires », en haut des résultats.

Par exemple
Une internaute tape « chaussures de trail femme » depuis Lyon. Avant le 17 septembre, elle voyait une rangée de modèles avec photo, prix et nom du vendeur. Un clic l’envoyait directement sur la boutique, sans intermédiaire. Aujourd’hui, à la même place, elle trouve des blocs de comparateurs. La disparition est mesurée dans les résultats web. Son effet sur Google Images, YouTube et Lens n’est pas encore documenté : vérifiez vos propres chiffres par surface.

Pourquoi les fiches produits gratuites Google comptaient-elles autant ?

Parce qu’elles récompensaient la qualité du flux, pas la taille du site ni l’ancienneté du domaine. Une petite boutique avec un catalogue soigné pouvait passer devant une enseigne nationale. Selon Productrise, près de 85 % des recherches commerciales affichaient au moins un carrousel (2026). Pour une PME sans budget publicitaire, c’était souvent la seule vitrine produit sur Google. Et elle ne coûtait rien, sinon quelques heures par mois passées à soigner le flux.

Le travail SEO derrière les fiches produits gratuites Google

Pour être visible dans ces carrousels Il faut d’abord un flux propre : titres descriptifs, codes GTIN, catégories précises, images nettes sur fond neutre. Ensuite une cohérence parfaite entre le flux et le site. Un prix différent d’un centime, et le produit pouvait être refusé. Plusieurs refus, et c’est parfois le compte entier qui était suspendu, comme le prévoient les règles de Merchant Center. Enfin, les conditions de livraison et de retour devaient être publiques et lisibles sans connexion.

Sur le site, le balisage Product et Offer servait de contrôle à Google. Il vérifiait ainsi le prix, la disponibilité et les avis. Les marchands qui obtenaient les meilleurs résultats traitaient le flux comme un contenu à part entière. Ils testaient leurs titres. Ils enrichissaient leurs attributs. Ils corrigeaient chaque alerte du diagnostic dès qu’elle apparaissait.

Bon a savoir

Faut’il arrêter d’optimiser son flux GMC ?

Le savoir-faire acquis sur les fiches produits gratuites Google n’est toutefois pas devenu obsolette : il sert encore vos annonces Shopping, votre SEO et votre visibilité dans les moteurs IA.

Pourquoi Google a supprimé ces fiches en Europe

L’histoire commence bien avant le DMA, et elle éclaire la décision de septembre. En 2017, Bruxelles avait déjà sanctionné Google de 2,42 milliards d’euros pour avoir favorisé son comparateur Shopping. Le Digital Markets Act a ensuite imposé des règles plus strictes aux grandes plateformes, appelées « contrôleurs d’accès ». Le 23 juillet 2026, la Commission européenne a infligé à Google 460 millions d’euros d’amende pour auto-préférence dans ses résultats. Elle lui a laissé 60 jours pour se conformer. Faute de quoi, des astreintes quotidiennes pouvaient tomber.

Google avait deux options. Donner la même visibilité aux comparateurs concurrents, ou réduire celle de ses propres services. Pour les produits, il a choisi la seconde. Ses carrousels gratuits ont laissé place à des blocs de comparateurs, et ses propres données ont été reléguées derrière un sélecteur (Productrise, 2026). Les 17 et 18 septembre, les carrousels ont chuté de 90 à 100 %. La baisse est mesurée en France, en Allemagne, en Belgique, en Suède et aux Pays-Bas. Dans un commentaire LinkedIn, Ginny Marvin, chargée de liaison Google Ads, a confirmé que le retrait des fiches produits gratuites Google découlait du DMA.

C’est à peu près tout ce que Google a dit. Aucun billet de blog, aucune mise à jour de l’aide Merchant Center. Les annonces Shopping payantes, elles, restent affichées, et Merchant Center fonctionne normalement. L’onglet Shopping a quitté le menu principal. Il reste accessible avec les paramètres d’URL &udm=28 ou &tbm=shop, selon un SEO allemand cité par Productrise. Le Royaume-Uni échappe au retrait, car il ne fait pas partie de l’EEE. Et le format peut encore bouger : l’échéance de conformité tombait le 21 ou le 25 septembre, selon les sources.

Mini-glossaire

DMA : règlement européen sur les marchés numériques, qui encadre les grandes plateformes.
EEE : Espace économique européen, soit l’UE plus la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein.
CSS : service de comparaison de prix, partenaire habilité à diffuser des annonces Shopping.
Moteurs IA : assistants et modes de recherche qui rédigent une réponse, comme ChatGPT ou AI Mode de Google.
GEO : optimisation de votre visibilité dans ces moteurs IA.

Une décision critiquée de tous les côtés

Google est le premier à critiquer ce qu’on lui impose. Le 8 septembre, il a déployé une première refonte de ses résultats européens pour les hôtels, les vols et les restaurants. Un responsable a alors parlé de la plus forte baisse de qualité du moteur en 29 ans (Reuters, 2026). Google ajoute que les mesures précédentes ont réduit jusqu’à 30 % les clics directs vers les entreprises européennes. Il cite surtout le voyage, mais aussi de petits commerçants. Retenez-le pour ce qu’il est : un argument de défense, pas une mesure indépendante.

D’autres observateurs ne s’y trompent pas. Le média HNGN, reprenant The Next Web (2026), relève que Google n’a publié aucune donnée ni méthode. Autrement dit, Google conçoit l’interface et note lui-même le résultat. HNGN pointe aussi un paradoxe. Les services qui gagnent en visibilité, comme Booking.com ou Expedia, sont de grandes plateformes, détenues pour la plupart par des groupes américains. Un règlement pensé contre un géant en avantage donc d’autres. Cette critique vise toutefois surtout le voyage, moins le commerce en ligne.

Le plus inattendu vient des comparateurs, pourtant censés en profiter. Le 8 septembre, douze d’entre eux ont écrit à la Commission (PPC Land, 2026). Leur crainte : si Google garde un bloc fermé aux offres rivales, les marchands reviendront chez Google Shopping pour rester visibles. Ce groupe revendique plus de 93 000 marchands actifs en Europe, un chiffre non audité. Côté marchands, Siècle Digital (2026) estime que les petits sites perdent le plus, et que les grandes enseignes sont peu touchées.

Quel impact sur le SEO et le GEO des e-commerçants en France ?

Pour votre SEO en France, la fin des fiches produits gratuites Google change la donne. Le flux ne suffit plus : le site redevient votre première vitrine gratuite. Sans carrousel gratuit, il reste trois chemins vers l’acheteur : l’annonce payante, le comparateur et le résultat web classique. Les pages catégories reprennent de la valeur, car elles captent les requêtes génériques. Le balisage structuré aussi. D’après ecommercegermany.com (2026), certains carrousels restants reposeraient sur ce balisage plutôt que sur Merchant Center. L’hypothèse reste à confirmer : testez-la sur vos propres requêtes.

Côté visibilité dans les moteurs IA, rien ne change à court terme, et c’est plutôt rassurant. Selon Productrise, le catalogue Shopping de Google ne semble déjà plus alimenter AI Mode en Europe. Quant au shopping de ChatGPT, OpenAI ne l’a ouvert qu’aux États-Unis pour l’instant. Le vrai risque est indirect. Les comparateurs prennent de la place dans les résultats. Ils ont donc plus de chances d’être repris par les réponses IA de Google. Votre produit y apparaîtra peut-être, mais via leur page plutôt que la vôtre.

À plus long terme, un autre risque pèse sur les PME : la concentration. Hors d’Europe, les moteurs IA montrent déjà très peu de produits. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, AI Mode en affiche 3,9 par requête, contre 27,8 dans la recherche classique (Productrise, 2026). Sur les requêtes suivies par Profound, surtout américaines, les dix premières boutiques captent 41,8 % des mentions ChatGPT, contre 22,5 % avant juillet. Productrise et Profound vendent des outils de suivi : ces chiffres restent à croiser. S’ils se confirment en Europe, les petits marchands perdront sur les deux fronts.

Plan d’action : les priorités à 30, 60 et 90 jours

Premier réflexe à éviter : doubler le budget Google Ads dès lundi. Tant que vous ne savez pas ce que vous avez perdu, vous ne savez pas quoi compenser. Commencez donc par mesurer, produit par produit. Reportez ensuite vos efforts sur ce que vous maîtrisez : le site, le balisage et, si le calcul tient, un comparateur. Le plan ci-dessous compte quatre étapes, réparties sur trois échéances. Il vise un e-commerçant qui tirait une part réelle de son trafic des fiches produits gratuites Google. Adaptez les délais à votre catalogue et à votre équipe.

  • À 30 jours, mesurer. Dans Search Console, ouvrez le rapport Performances et filtrez par apparence dans les résultats pour isoler les formats produits. Comparez les deux semaines avant et après le 17 septembre, pour la France seule. Faites de même dans Merchant Center, en séparant les clics des fiches produits gratuites Google et ceux des annonces. Si vous vendez au Royaume-Uni, répétez l’exercice là-bas. Une baisse en France seulement, c’est le retrait. Une baisse des deux côtés, c’est la saison. Finissez par vos vingt produits les plus touchés et le chiffre d’affaires qu’ils rapportaient.
  • À 60 jours, renforcer le site. Enrichissez les pages catégories les plus exposées : texte utile, filtres indexables maîtrisés, liens vers les produits. Contrôlez le balisage Product, Offer et avis, ainsi que la cohérence des prix entre flux et site. Un accompagnement SEO peut accélérer cette étape.
  • À 60 jours, tester un comparateur. Choisissez un CSS partenaire et une catégorie pilote, avec un budget plafonné et un suivi du coût par vente. Un CSS se rémunère sur chaque clic, alors que la fiche gratuite ne coûtait rien : comparez ce coût au chiffre d’affaires perdu avant de généraliser.
  • À 90 jours, préparer les moteurs IA. Gardez Merchant Center actif et votre flux propre. Suivez vos citations dans les moteurs IA et préparez un flux compatible avec les futures surfaces d’achat conversationnel.

Mesure et itération : quels KPI suivre ?

Première chose à faire aujourd’hui : annotez la date du 17 septembre dans GA4 et dans vos tableaux Looker Studio. Sans ce repère, la baisse d’octobre sera mal expliquée dans chaque rapport mensuel. Ensuite, relevez chaque mois les mêmes indicateurs, au même moment. Dans Search Console, suivez les clics par apparence et par pays, en isolant la France et la Belgique. Dans GA4, rapprochez-les du chiffre d’affaires organique, catégorie par catégorie. Vous saurez si vous perdez du trafic ou des ventes. Ce n’est pas la même chose.

Ajoutez un suivi de votre visibilité dans les moteurs IA : ChatGPT, Gemini, AI Mode. Choisissez vingt à trente requêtes produits prioritaires, puis notez chaque mois quelles marques et quels sites sont cités. Un outil de suivi des citations LLM automatise ce relevé et montre quels comparateurs captent vos mentions. Enfin, gardez un œil sur l’actualité réglementaire, car Google peut encore modifier ses formats dans les semaines qui viennent. Revoyez votre plan chaque mois tant que le format bouge, puis chaque trimestre.

L’Avis d’AEP/Digital

Pourquoi continuer à travailler son flux GMC ?

La fin des fiches produits gratuites Google en Europe ne supprime pas toute visibilité gratuite. Elle la déplace. Le flux sert toujours vos annonces et, demain peut-être, les moteurs IA. Mais c’est de nouveau votre site qui fait le travail : pages catégories solides, balisage fiable, avis visibles. Aucune action ne rendra à coup sûr le trafic perdu. En revanche, mesurer vite permet de limiter la perte et d’investir au bon endroit. Attendre, c’est laisser filer des semaines de ventes sans savoir combien. Nos consultants SEO et GEO, à Paris et à Lyon, accompagnent des e-commerçants en France, en Belgique et au Luxembourg.
Vous voulez savoir ce que ce changement coûte à votre boutique ? Réservez votre diagnostic gratuit de 30 minutes : nous analysons vos données Search Console et Merchant Center pour fixer vos priorités.

Les questions fréquentes du Flux produits gratuit GMC

  • Les fiches produits gratuites Google existent-elles encore en France ?

    Non, plus dans les résultats de recherche classiques. Depuis les 17 et 18 septembre 2026, les carrousels gratuits ont quasi disparu en France et dans tout l’EEE. L’onglet Shopping reste accessible par un paramètre d’URL, mais il ne figure plus dans le menu principal. Hors Europe, au Royaume-Uni par exemple, rien ne change.

  • Faut-il supprimer son compte Merchant Center ?

    Non. Le compte alimente vos annonces Shopping, qui restent actives, et vos éventuels partenariats avec des comparateurs. Un flux propre vous prépare aussi à l’ouverture de surfaces d’achat IA en Europe. Le supprimer vous ferait perdre cet historique et ce travail.

  • Les annonces Shopping sont-elles touchées ?

    Non, seules les fiches gratuites ont disparu. Les annonces Shopping payantes restent affichées, et les comparateurs partenaires peuvent toujours enchérir pour vous. Des marchands pourraient toutefois reporter leurs efforts vers le payant, ce qui ferait monter les enchères sur certaines requêtes.

  • La suppression des fiches produits gratuites Google est-elle définitive ?

    Personne ne peut le dire aujourd’hui. En juillet 2026, Google a rejeté la décision et indiqué étudier un appel (PPC Land, 2026). Cependant, un recours ne suspend pas automatiquement l’obligation de conformité. Le format reste donc mouvant, et Google n’a annoncé aucun retour d’un bloc produits gratuit.

  • Les e-commerçants belges et luxembourgeois sont-ils concernés ?

    Oui. Google a confirmé le retrait des fiches produits gratuites Google dans tout l’Espace économique européen, qui inclut la Belgique et le Luxembourg. La Norvège, l’Islande et le Liechtenstein sont aussi concernés. Le Royaume-Uni, hors EEE, conserve en revanche ses carrousels gratuits.

 
Bruno Linn
Bruno Linn AEP Digital

Bruno est Responsable du Pôle SEO chez AEP Digital. Avec plus de 20 ans dans le référencement naturel, il a débuté en 2000 chez Rue du Commerce, puis a piloté le SEO international…

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